Culture locale et patrimoine
Lieux et monuments
- Église Notre-Dame (restaurée) : Bien que l'édifice actuel date en grande partie des XVIe et XVIIe siècles, il intègre des éléments bien plus anciens. Son clocher roman du XIIIe siècle est le seul vestige majeur ayant survécu aux destructions successives (guerres de Religion et Seconde Guerre mondiale). Ce clocher est classé ou inscrit au titre des Monuments Historiques.
- Chapelle Saint-Antoine : Un petit édifice religieux remarquable datant également du XIIIe siècle, témoin de l'implantation religieuse médiévale dans la haute vallée de la Vernaison.
- Fontaine aux Ours : Située au cœur du village, cette fontaine sculptée rend hommage à l'animal emblématique du Vercors (l'ours brun, qui a habité le massif jusqu'à sa disparition locale au début du XXe siècle).
- Cour et mur des Fusillés : Un haut lieu de la mémoire nationale. Le 25 juillet 1944, suite à l'invasion du massif par les troupes allemandes, une centaine de maisons sont incendiées dans le village. La population est divisée en deux groupes : les jeunes hommes d’un côté, les autres de l’autre, enfermés dans l’école. Dans la soirée, 16 jeunes résistants et civils ont été pris en otage et fusillés contre ce mur dans la cour de la ferme Albert, qui est ensuite incendiée. Ce site est classé Monument Historique et intègre aujourd'hui un espace muséographique poignant.
Les victimes du 25 juillet 1944 : Allouard Jean (18 ans), Bouvet Aimé (17 ans), Bayoud René (19 ans), Benevène Pierre (36 ans), Borel Georges (37 ans), Chabert René (18 ans), Fontanabona Jules (23 ans), Fontanabona Nello (20 ans), Morin Paul (19 ans), Rochas Robert (19 ans), Rolland Léopold (19 ans), Rolland Maurice (17 ans), Rome Fernand (37 ans), Revol Roger (28 ans), Saint-André Philippe (35 ans), Sitarz Stanislas (38 ans). - Cimetière national : Il rassemble les sépultures des combattants du Maquis du Vercors et des civils victimes des massacres de l'été 1944, rappelant le lourd tribut payé par le village, qui fut presque entièrement brûlé par les forces d'occupation.
- Site de La Bâtie (La Bâtie-en-Vercors) : Situé au hameau de l'Orme, ce site abrite les vestiges d'une ancienne agglomération fortifiée médiévale et de son château (mandement de La Bâtie), qui contrôlait autrefois l'accès au plateau. La "Foire Vieille" y rappelle une tradition de commerce de bétail très ancienne.
Historique des mentions :- XIIIe siècle : La Bastia de la Montagna
- 1253 : Bastida Ormoe
- 1313 : Bastida in montibus Vernaysonis
- 1329 : castrum Bastide de Vercors
- XIVe siècle : Bastida de Vecorcio
- 1449 : Bastida Vecorcii
- 1692 : La Bastie de Vercorps
- XVIIIe siècle : Belle Bâtie (carte de Cassini)
- 1891 : La Bâtie, ruine et quartier de la commune
Patrimoine naturel
La Chapelle-en-Vercors bénéficie d'un environnement géologique et écologique exceptionnel, pleinement intégré au Parc naturel régional du Vercors.
- Forêts et flore alpine : La commune est couverte par de vastes forêts de résineux (sapins, épicéas) et de hêtres. Elle fait partie de l'association des Villages Botaniques de la Drôme. Le thème spécifique du circuit botanique de La Chapelle-en-Vercors est dédié aux "Plantes vivaces de montagne" ou à la flore spécifique des milieux calcaires.
- Les Grands-Goulets et la Vernaison : La route historique des Grands-Goulets (aujourd'hui fermée à la circulation pour des raisons de sécurité et doublée par un tunnel, mais classée) est un chef-d'œuvre de route en encorbellement taillée dans la roche au XIXe siècle. La Vernaison y gronde en contrebas et offre le spectacle de la Grande Cascade.
Patrimoine géologique :- La plaine karstique de Darbounouse (77,4 hectares, 1 300 m d’altitude) sur les communes de La Chapelle-en-Vercors, Saint-Agnan-en-Vercors et Saint-Andéol.
- La reculée des Grands Goulets (1 645,95 hectares), parcourue par la Vernaison, sur les communes de Châtelus, La Chapelle-en-Vercors, Échevis, Sainte-Eulalie-en-Royans, Saint-Julien-en-Vercors, Saint-Laurent-en-Royans, Saint-Martin-en-Vercors et Pont-en-Royans.
- Le monde souterrain (Grottes et scialets) :
- Grotte de la Draye Blanche : Découverte en 1918, elle est célèbre pour sa richesse en concrétions (stalactites, stalagmites) aux couleurs variées dues aux oxydes métalliques, ainsi que pour son gisement de fossiles d'animaux de l'ère glaciaire.
- Grotte de l'Ours, Grotte des Fées et Grotte des Ferrières : Des cavités naturelles majeures, dont certaines ont servi de refuges humains ou animaux au fil des millénaires.
Personnalités liées à la commune
- Raphaël Poirée (né en 1974) : L'un des plus grands biathlètes de l'histoire (quadruple vainqueur du gros globe de cristal, huit fois champion du monde). Il a grandi et s'est entraîné sur le plateau de La Chapelle-en-Vercors (site nordique de Vassieux/Col de Carri). Il a épousé la biathlète norvégienne Liv Grete Skjelbreid (avec qui il est aujourd'hui divorcé).
- Philippe Saint-André (né en 1967) : Ancien joueur de rugby à XV international (69 sélections, capitaine du XV de France) puis sélectionneur national de 2011 à 2015. Sa famille est originaire de la région. Il a donné son nom à l’école de La Chapelle-en-Vercors en mémoire de son grand-père, instituteur dans la commune de 1932 à 1944.
- Janot Lamberton (né en 1945) : Spéléologue de renommée internationale et pionnier de la glaciologie souterraine (glacionaute). Il a mené des expéditions extrêmes sous les calottes glaciaires (Groenland, Islande) pour étudier les moulins de glace.
- Monique Guyot (1906 - 2001) : Sa famille possédait une résidence à Loscence (hameau de la commune). Son Journal d’une pétainiste (publié en 2021) offre un regard historique rare, complexe et brut sur le quotidien, les ambiguïtés politiques et les violences de la guerre sur le plateau du Vercors entre 1944 et 1945.
- Pierre-Guillaume Blache : Cavalier émérite local, champion du monde par équipe de TREC (Techniques de Randonnée Équestre de Compétition), mettant en valeur la forte tradition de tourisme équestre du Vercors.
Toponymie
Mentions historiques du nom de la commune :
- XIIIe siècle : La Chapella de la montagna
- 1509 : ecclesia Beate Marie Capelle Vercorcii
- 1521 : cura Capelle Vercorcii
- 1576 : Capella Vercorsii
- 1613 : La Chappelle de Vercors
- 1640 : La Chapele au Vercors
- 1644 : La Chapele
- 1891 : La Chapelle-en-Vercors, commune, chef-lieu de canton
Histoire
Préhistoire
En 1885, des silex taillés ont été découverts à Bobache. Deux abris sous roche fouillés en 1904 révèlent une station de chasseurs (marmottes, bouquetins, lièvres) et de pêcheurs (harpon en bois de renne) dans la Vernaison, datant de la fin du Magdalénien (13 000-10 000 av. J.-C.) et de l’Épipaléolithique (Azilien, 8 000 av. J.-C.).
Antiquité
Le territoire relevait de la tribu gauloise des Voconces. Peu de traces de présence romaine subsistent.
Moyen Âge à la Révolution
La Chapelle-en-Vercors était le chef-lieu d’un mandement (d’abord appelé mandement de Rousset et de Ravel, puis mandement de la Bâtie de Vercors). La terre appartenait aux comtes de Diois, puis aux dauphins, avant d’être acquise en 1253 par les évêques de Die, seigneurs jusqu’à la Révolution.
En 1644, la commune comptait 144 familles. Avant 1790, elle dépendait de l’élection de Montélimar, de la subdélégation de Crest et du bailliage de Die. Elle formait une paroisse du diocèse de Die, dédiée à Notre-Dame.
De la Révolution à nos jours
En 1790, La Chapelle-en-Vercors devient chef-lieu d’un canton du district de Die, incluant La Chapelle-en-Vercors, Saint-Agnan, Saint-Julien-en-Vercors et Saint-Martin-en-Vercors. En 1799-1800, Vassieux est ajouté à ce canton.
Héraldique
L'histoire des armoiries de la commune présente deux versions distinctes, la seconde étant celle généralement retenue par la municipalité moderne pour son aspect touristique et identitaire.
Blason historique (issu de l'Armorial Général de France d'Hozier)
"De gueules aux trois vermisseaux d'argent"
Explication : Sur fond rouge (gueules), trois petits vers ou chenilles d'argent sont représentés. Ce blason historique un peu mystérieux est parfois interprété comme une déformation ou un jeu de mots ancien, ou lié à des corporations locales.
Blason moderne (d'usage courant)
"De gueules au chamois d’or sur une montagne du même ; au chef cousu de sinople chargé de trois sapins d’or"
Explication : Ce blason, plus illustratif, évoque la géographie et la faune du plateau : le fond rouge symbolise souvent le courage ou les sacrifices du village, le chamois d'or sur sa montagne évoque la faune alpine, tandis que la bande supérieure verte (chef de sinople) ornée de trois sapins d'or représente la richesse forestière de la commune.